TIG vs MIG : quel procédé de soudage choisir ?
TIG et MIG sont les deux procédés dominants en soudage industriel de précision. Ils reposent sur le même principe de base — un arc électrique sous gaz de protection — mais diffèrent profondément dans leur mise en œuvre, leurs performances et leurs domaines d'application. Voici une comparaison technique complète pour choisir le bon procédé selon votre projet.
Le principe de chaque procédé
Le TIG (Tungsten Inert Gas — GTAW, Gas Tungsten Arc Welding) utilise une électrode de tungstène non fusible. Elle crée l'arc mais ne se consume pas. Le métal d'apport est introduit séparément, à la main, sous forme de baguette. Le soudeur pilote l'arc (pied d'ampère ou bouton sur torche) et gère indépendamment l'apport de matière — deux gestes coordonnés qui demandent une dextérité élevée.
Le MIG/MAG (Metal Inert/Active Gas — GMAW, Gas Metal Arc Welding) utilise un fil-électrode fusible dévidé en continu depuis une bobine. Le fil sert simultanément d'électrode et de métal d'apport. Le soudeur règle la vitesse de dévidage et l'intensité, puis guide la torche. Le geste est plus simple, mais les paramètres machine ont un impact plus direct sur la qualité.
Comparaison détaillée : tableau de critères
| Critère | TIG | MIG/MAG |
|---|---|---|
| Vitesse d'exécution | Lente (0,5 – 2 kg/h) | Rapide (3 – 8 kg/h) |
| Qualité du cordon | Très soignée, régulière | Correcte à bonne selon paramètres |
| Projections | Aucune | Présentes (réduites en pulsé) |
| Finition surface | Prête à contrôle visuel direct | Nettoyage des projections souvent nécessaire |
| Épaisseur conseillée | 0,5 – 6 mm (idéal < 4 mm) | 1,5 – 30 mm (idéal > 3 mm) |
| Matériaux adaptés | Inox, alu, acier, titane, cuivre | Acier, inox, alu (spécificités wire) |
| Compétences requises | Élevées (geste bimanuel) | Intermédiaires à élevées |
| Coût horaire main-d'œuvre | Plus élevé (temps × qualification) | Moindre à volume équivalent |
| CND (radiographie) | Très favorable (cordons nets) | Possible mais moins systématique |
| Positions difficiles | Toutes positions maîtrisables | Toutes positions (sauf verticale descendante) |
Exemples de choix selon le projet
Choisir le TIG : tuyauterie inox pour l'agroalimentaire (finition hygienique, pas de projection, passivation possible), réservoirs en aluminium soumis à test d'étanchéité, pièces de précision en faible épaisseur (< 3 mm), soudures devant passer un contrôle radiographique, prototypes ou pièces unitaires sur mesure, tout assemblage nécessitant une finition directement présentable sans reprise mécanique.
Choisir le MIG (semi-automatique) : construction structurelle en acier carbone — charpentes, châssis, bâtis de machines, supports — où la cadence prime sur la finesse. Construction navale en aluminium (superstructures, pontées). Séries de pièces identiques en production. Le MIG/MAG est rarement utilisé en tuyauterie industrielle qualifiée : les contraintes de position, l'accès limité et les exigences de qualification sur les assemblages sous pression orientent vers d'autres procédés.
Combinaison TIG + électrode enrobée 111 (SMAW) : très courante en tuyauterie industrielle qualifiée. La passe de pénétration (root pass) est réalisée en TIG pour sa qualité de racine irréprochable ; les passes de remplissage et de finition sont réalisées à l'électrode enrobée (procédé 111), qui offre une excellente résistance mécanique et une qualité de cordon proche du TIG, tout en étant sensiblement plus rapide pour les passes volumineuses. Cette combinaison est normalisée dans les modes opératoires (DMOS/WPS) selon ISO 15614-1, et couvre la majorité des applications en tuyauterie de process, équipements sous pression et chantiers. Le procédé 111 présente également l'avantage de ne pas nécessiter de gaz de protection, ce qui facilite le travail en extérieur ou dans des conditions d'accès difficile.
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